Haptonomie, accompagnement affectif à la naissance et accompagnement du bébé de la naissance à la marche à Nancy en Lorraine (54)

La fin des pleurs ne signifie pas la fin du stress

Une étude menée en Nouvelle-Zélande, publiée en juillet 2012 dans la revue Early Human Development, pointe les limites du «laisser pleurer». Durant cinq jours, les chercheurs ont mesuré le taux de cortisol - l'hormone du stress - dans la salive de bébés participant à un programme hospitalier d'éducation au sommeil inspiré par la méthode Ferber. Leurs mères ont aussi subi des prélèvements. Les nourrissons, âgés de 4 à 10 mois, devaient apprendre à s'endormir sans aide - si ce n'est la visite régulière d'une infirmière. Dans une pièce voisine, leur mère pouvait entendre les pleurs sans avoir le droit d'intervenir.
Au premier jour du programme, la plupart des bébés ont pleuré au moins vingt minutes. Une augmentation du taux de cortisol, symptôme du stress, a été constatée chez le nourrisson comme chez sa mère.
Au troisième jour, les bébés ont cessé de pleurer mais leur production de cortisol est restée élevée, ce qui laisse penser qu'ils sont toujours stressés mais ont renoncé à le manifester.
Leur mère, visiblement apaisée par l'arrêt des cris, a pour sa part cessé de produire cette hormone du stress.
Ainsi, l'arrêt des pleurs ne signifie pas forcément que le bébé est apaisé. «Les nourrissons n'ont pas appris à gérer intérieurement leur angoisse de séparation», concluent les auteurs de l'étude. Plus globalement, le Dr Gisèle Gremmo-Feger observe que «les pratiques de maternage qui préconisent de mettre l'enfant à distance et de ne pas réagir trop vite à ses pleurs peuvent au contraire les favoriser et augmenter considérablement leur durée»."